Le Gouvernement ne néglige pas les problèmes de surcharge du réseau routier. Ainsi, l’Office fédéral des routes nous a accordé l’an dernier l’autorisation de mettre en place un système innovant de télégestion du trafic sur le tronçon Morges-Lausanne. Opérationnel dans deux ans déjà, il permettra d’offrir aux heures de pointe trois voies de circulation dans chaque sens entre Morges et Lausanne. A noter que la Confédération a non seulement salué la qualité du projet, mais elle a libéré les moyens nécessaires pour une mise en oeuvre rapide, soit d’ici à 2010 !
En d’autres termes, elle a choisi de privilégier l’amélioration des infrastructures existantes plutôt que des projets pharaoniques dont l’horizon de réalisation est très lointain. De fait, en matière d’équipements routiers, les Vaudois seront servis avant les habitants de la région zurichoise.
Pourtant, le Centre patronal vaudois lance aujourd’hui une pétition pour réclamer la construction sans délais d’une troisième piste sur l’autoroute Lausanne-Genève. Il s’agirait de solliciter le fonds d’infrastructure voté par les Chambres fédérales en décembre 2006 doté de 5,5 milliards de francs destinés à résorber les goulets d’étranglement. Selon les pétitionnaires, il suffirait de suivre l’exemple du canton de Zurich qui aurait (le conditionnel est de mise) déjà obtenu plus d’un milliard pour élargir à six pistes l’autoroute de contournement nord de Zurich.
Il est vrai que celui-ci subit aujourd’hui une charge de trafic de plus de 100’000 véhicules par jour, contre 60’000 entre Morges et Nyon. Le contournement de Lausanne, lui, voit bien passer quotidiennement 100’000 véhicules, mais il bénéficie déjà de six pistes et cela depuis près de dix ans. Sur ce point, la capitale vaudoise ne peut pas se considérer comme défavorisée.
Les 5,5 milliards du fonds d’infrastructure font saliver toutes les régions “ et c’est normal. Mais il seront engagés au compte-goutte sur une période de 20 ans. En d’autres termes, le milliard « décroché » par les Zurichois n’est pas acquis et leur autoroute élargie ne sera pas achevée avant 2015.
Revenons maintenant à la situation actuelle du réseau autoroutier vaudois. On sait que la congestion survient avant tout aux abords des villes et que les bouchons sont principalement dus au trafic interne à l’agglomération. Et là, ce sont les réseaux de transports publics qui doivent offrir des relais. C’est pourquoi le Conseil d’Etat accorde sa priorité au développement d’un véritable RER vaudois. Un tel projet ne pourra se concrétiser que si la fameuse 3e voie CFF entre Renens et Allaman se réalise en priorité. Avant de répondre à l’augmentation du trafic motorisé, les Zurichois n’ont-ils pas commencé par investir massivement dans leur réseau de transports publics?
Dans son programme de législature, le Conseil d’Etat vaudois s’est donné des cibles ambitieuses en matière de développement durable: la part du trafic motorisé devrait être réduite de 75% en 2005 à 70% en 2012. Elargir l’entier de l’autoroute Lausanne-Genève reviendrait tout simplement à renoncer à cet objectif.
Ce texte a été publié dans 24 Heures du 29 mai 2008, le jour de la conférence de presse du Centre patronal vaudois. Il m’a été rapporté qu’un journaliste aurait demandé ce que les milieux patronaux pensent de l’ambitieux objectif du Conseil d’Etat quant à la part modale du trafic motorisé. Les animateurs auraient répondu qu’ils y souscrivent pleinement. Je m’en réjouis et me déclare très intéressé de conn tre quelles sont les mesures qu’ils préconisent pour atteindre cet objectif. Mis à part l’élargissement de l’autoroute…

Laisser un commentaire