(Répartition des sièges au Grand Conseil vaudois pour la législature 2012-2017; source http://www.elections.vd.ch/)
En général, j’essaie de voir le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide. La perte de 5 sièges verts est bien sûr une grande déception pour moi qui n’ai vu les Verts que progresser depuis mon élection au Grand Conseil en 1998. Cependant, les conditions objectives n’ont jamais été aussi favorables pour que se concrétisent les idées vertes, en particulier sur les thématiques environnementales.Les Verts peuvent se consoler en constatant que le PS gagne 3 sièges ou encore que leurs listes ont progressé dans 3 districts (Aigle, Gros-de-Vaud, La Vallée de Joux), voire que le recul est moins important que ça n’a été le cas lors des élections fédérales d’octobre dernier. Mais rien ne sert ni de se lamenter ni de chercher à se rassurer.
L’arrivée de 7 députés Verts-libéraux renforce certainement la sensibilité écologiste au Grand Conseil. Plus largement encore, on a vu tout au long de la campagne pour les élections cantonales que l’objectif de développement durable est pratiquement repris par toutes les formations politiques. D’un certain point de vue, c’est inespéré! Les conditions sont enfin réunies pour faire avancer rapidement de nombreux projets verts: programmes d’économies d’énergie, production d’énergie renouvelable, promotion du recyclage des déchets, utilisation de matières premières renouvelables, développement des transports publics, construction de quartiers durables, etc. Toutes choses que j’ai pu faire avancer à l’échelle de mon département durant cette législature, sans toutefois être majoritaire.
Une fois oubliée la « gueule de bois » du 11 mars, les Verts peuvent, mieux que jamais auparavant, proposer et faire passer des mesures ambitieuses – et réalistes! – dans tous ces domaines. S’ils y parviennent, nul doute que, en 2017, les électeurs reconnaîtront le travail accompli et accorderont leurs suffrages à celles et ceux qui se battent depuis 30 ans pour le développement durable du canton…
En attendant, ils feront tout pour assurer la présence de Béatrice Métraux au Conseil d’Etat, car une sensibilité écologiste est plus que jamais indispensable au sein du Gouvernement et pour répondre aux promesses faites, de gauche à droite, aux citoyennes et citoyens.
On m’objectera que les Vert’libéraux soutiennent la candidature de l’UDC Claude-Alain Voiblet, grand défenseur du nucléaire, et qu’Isabelle Chevalley était fondamentalement hostile à l’initiative Franz Weber sur les résidences secondaires.
La position de M. Voiblet sur le nucléaire est devenue largement minoritaire au Grand Conseil, ne serait-ce qu’en raison de l’opinion très claire exprimée lors des récentes votations populaires vaudoises. Quant aux positions anti-nucléaires de Mme Chevalley, elles sont bien connues. J’imagine que sa position sur l’initiative Weber ne résultait pas d’une volonté de bétonner nos montagnes mais plutôt de l’entorse faite à la protection de la propriété privée. Elle est probablement d’accord sur le fond du problème avec les « Verts historiques » mais pas sur la manière « peu libérale » de le résoudre.
Dans la boîte à outil de l’Agenda 21 (cf. Unité de développement durable rattachée au DINF), il existe aujourd’hui suffisamment de projets susceptibles de trouver une majorité au Grand Conseil pour avancer sur la voie du développement durable sans attendre une majorité rose-verte en 2017. Paradoxalement, leur réalisation – sous l’impulsion des Verts! – pourrait bien faciliter ce renversement de majorité…

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