(source: Laboratoire de robotique et automatisation de la HEIG-VD)
Vendredi 15 juin 2012, en compagnie de ma collègue Anne-Catherine Lyon, la pause de la première pierre de l’extension de la HEIG-VD a représenté pour moi comme la fin d’un cycle. A deux semaines de la fin de mon mandat, ce projet exemplaire démarrait enfin, après une longue période de remise en question. En effet, une des premières décisions du Conseil d’Etat prises à mon arrivée en 2004 a été de renoncer à un projet d’extension trop coûteux (plus de CHF 70 mios). Des frais de concours et d’études pour CHF 5 mios ont alors été passés à pertes & profits. Depuis lors, les finances cantonales ont été assainies et c’est un projet plus modeste (CHF 16 mios) qui a été élaboré. Contrairement au précédent, le financement de ce projet est aujourd’hui assuré, comme l’exigent les dispositions de la nouvelle constitution cantonale entrée en vigueur le 14 avril 2003 (articles 163 et suivants), tout en intégrant les exigences du développement durable. En l’espace de huit ans, le Conseil d’Etat a réussi à replacer des priorités.
Bien sûr, depuis l’abandon de ce projet, le Canton n’est pas resté inactif. Il a rapidement trouvé des solutions en investissant le Centre Saint-Roch au coeur d’Yverdon-les-Bains. Puis il a relancé les réflexions pour une extension du complexe de Cheseaux-Noréaz plus modeste et respectueuse de l’architecture originale. En effet, cet édifice, construit en 1972, a été honoré du « Prix Béton » en 1981. Quarante ans plus tard, le bâtiment est entré de plain pied dans notre environnement bâti et dans notre patrimoine culturel. L’extension, reprenant la trame du bâtiment originel, préservera l’esprit du « monument » (pour reprendre le langage des historiens de l’art). Le bâtiment répondra évidemment aux exigences du développement durable: conception établie à l’aide de l’outil sméo (voir http://www.smeo.ch/), consommation minimale d’énergie, utilisation de matériaux recyclables et recyclés, soin particulier mis à la qualité du climat et au confort des utilisateurs.
Conformément à sa stratégie immobilière, avant de valider le projet d’extension, le Conseil d’Etat a demandé au Grand Conseil un crédit de CHF 30 mios pour l’assainissement énergétique du complexe de la HEIG-VD: isolation des façades et toitures, rénovation complète des installations de chauffage, ventilation, sanitaire et eau (CVSE), sans oublier l’utilisation des énergies renouvelables. C’est ainsi qu’on envisage le recours à une pile à combustible et/ou à des cellules photovoltaïques comme celles développées par le professeur Graetzel (voir http://fr.ekopedia.org/Cellules_graetzel). Et quoi de plus naturel que d’intégrer ces projets dans le programme des cours de cette haute école qui forme les ingénieurs de demain?
Pour renforcer encore cette approche du développement durable, le Grand Conseil a même ajouté CHF 250’000.- pour favoriser l’utilisation des énergies photovoltaïques du futur. A noter que l’amendement au décret de financement émanait de l’UDC Pierre-Yves Rapaz (candidat malheureux au Conseil d’Etat contre la verte Béatrice Métraux). Plus que jamais, à l’approche de l’échéance de mon mandat, j’ai le sentiment de boucler un cycle. Un grand tour de roue en direction du développement durable…

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