(Source: RTS, Les Beaux Parleurs du 18.05.2025)
Très occupé par le nouveau départ de La Bonne Combine dans une structure coopérative à but non lucratif (voir Le Matin Dimanche du 25.05.2025; PDF. 764.1 ko: https://news.labonnecombine.ch/…/bonne_combine_le_matin…), il m’a fallu 2 semaines pour publier ma chronique du 18.05.2025 dans les Beaux Parleurs et surtout mes notes de lecture du livre de Walter R. Stahel pour celles et ceux qui s’intéressent au sujet de l’économie circulaire.
Mon ami Walter Stahel vient de publier un nouveau livre consacré à l’économie circulaire. Il m’en a envoyé un exemplaire avec une jolie dédicace, dont voici un court extrait :
Nous étions les deux convaincus de ces idées. Moi en théorie, toi en pratique. Je me souviens encore des soirées de discussions passées ensemble à La Bonne Combine…
Walter Stahel est fondateur de l’Institut de la Durée à Genève, avec Orio Giarini, un des membres du Club de Rome, qui a alerté sur l’impossibilité d’une croissance économique infinie sur une planète dont les ressources sont par définition finies.
Quarante ans plus tard, ces idées restent les mêmes… Et leur pertinence est de plus en plus évidente…
L’économie linéaire dominante revient à produire de plus en plus de biens dont la durée de vie ne cesse de se réduire, selon le principe «produire, utiliser, jeter».
Comme moi, Walter Stahel plaide pour une économie de la fonctionnalité: au lieu de vendre un produit fini – toujours plus performant, selon les promesses d’un marketing de plus en plus insidieux – il propose de vendre l’utilité du produit.
Cette stratégie – fondamentalement disruptive – a déjà été adoptée avec succès par des multinationales…
C’est notamment le cas de Michelin qui ne vend pas des pneus pour les avions, mais des atterrissages! Il en va de même pour les pneus de camion ou de bus. Pour les gérants de grosses flottes de véhicules, cela peut même conduire le fabricant de pneumatiques à inclure dans le prix de location les prestations de techniciens permettant une gestion préventive des pneumatiques dans l’intérêt du producteur comme de l’utilisateur du produit. Il en résulte une utilisation beaucoup plus efficace des pneumatiques. Dans le cas de Michelin, un pneu de camion peut effectuer 1 million de kilomètres, contre 300’000 usuellement, ce qui permet d’économiser 2/3 des ressources nécessaires (en particulier, le caoutchouc).
Même si les exemples réussis abondent, le passage d’une économie linéaire à une économie circulaire constitue une révolution copernicienne. En effet, dès lors que le fabricant est économiquement intéressé à ce que son produit dure le plus longtemps possible, les stratégies d’obsolescence programmée ne présentent plus aucun intérêt.
Depuis 40 ans, Walter Stahel plaide en faveur de l’économie de fonctionnalité. Une idée simple que chacun peut se représenter. Comme dans l’exemple de Mobility Car Sharing qui ne vend pas des voitures, mais des kilomètres en voiture.
Avec son nouveau livre, Walter Stahel promeut l’économie de performance, dont l’objectif est la gestion optimale et la préservation du stock de produits manufacturés existant, qu’il estime à 1’100 milliards de tonnes, soit plus que la biomasse vivante mondiale.
Si je suis totalement en phase avec l’analyse et les propositions de Walter Stahel, j’ajoute que la réalisation de ces idéaux passe essentiellement par le partage des connaissances, autrement dit, l’open source et l’open hardware. Des sujets sur lesquels vous n’avez pas fini de m’entendre…
Pour en savoir plus :
– Walter R. Stahel : https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_R._Stahel
– François-Michel Lambert: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Michel_Lambert
– Orio Giarini: https://en.wikipedia.org/wiki/Club_of_Rome
– Walter R. Stahel, François-Michel Lambert, ÉCONOMIE CIRCULAIRE, Les 6 défis à relever pour associer production, consommation et avenir durable, Dunod, 2025: https://www.dunod.com/livres-walter-stahel
– Mes notes de lectures dans le commentaire qui suit…
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