Partout où l’on parle de l’introduire, la polémique s’enflamme autour du vote électronique. La Confédération a financé trois expériences pilotes à Genève, Neuch tel et Zurich. La commission des droits politiques du Grand Conseil genevois étudie actuellement son extension. Auditionné par la commission, le président du GULL (Groupement des utilisateurs de Linux et des logiciels libres), José Nunes, a de toute évidence semé le doute (voir article du Courrier). « Sans une trace papier, on perd le contrôle sur le vote. Au moindre problème, aucun recomptage des bulletins n’est possible. Dans ce cas, seule la « nomenklatura » en place pourra vérifier, et on peut douter qu’elle soit en mesure de le faire. On n’a plus d’autre choix que de lui faire confiance. » L’argument ne me laisse pas indifférent, si je songe au récent épisode des élections de la commune d’Yvonand qui ont dû être annulées parce qu’un seul bulletin de vote était fautif. Mais est-ce que le problème insoluble informatiquement ne pourrait pas trouver sa solution tout simplement en éditant sur papier les votes émis par la voie électronique?
Le logiciel pourrait très bien, au moment du dépouillement ou au fur et à mesure de l’avancement du scrutin, imprimer une preuve que le citoyen Untel a voté et un bulletin de vote distinct. Pratiquement, ces « preuves » pourraient être mises sous scellés dans les mêmes urnes que les bulletins du vote par correspondance ou à l’isoloir et, au besoin, on pourrait parfaitement les faire recompter par le bureau de vote. De manière générale, gr ce à cette « matérialisation », le vote électronique devient aussi sûr que les procédures ancestrales.
Le canton de Vaud est appelé à se positionner prochainement sur la question du vote électronique. Je vais donc faire cette proposition aux services concernés.
Afin de rassurer le plus grand nombre, le logiciel finalement retenu sera autant que possible open source, ce qui « permet en quelque sorte à tout le monde d’auditer le système en permanence », pour reprendre l’expression de M. José Nunes.
Reste la question de savoir à quoi peut bien servir une telle débauche de technologie pour remplacer un système de vote qui a fait ses preuves. Contrairement à M. Nunes qui estime qu’il y a « beaucoup de risques à courir et très peu de choses à gagner », je considère que le nombre de transactions électroniques entre le citoyen et son administration va exploser dans les années à venir et que plusieurs d’entre elles requièrent un aussi bon niveau de sécurité (par ex., impôts ou contrôle des habitants). Dès lors, le vote électronique ne sera qu’un service parmi de nombreux autres.

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