La climatisation du futur utilisera une technologie ancestrale!

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(Source: Helmut Lunghammer – TU Graz, in Baublatt, 04.08.2026)

Ce second billet sur mon nouveau blog m’a une fois de plus été inspiré par mon ami et grand lecteur Luc Recordon, qui m’envoie presque quotidiennement des articles sur des sujets verts dont il sait qu’ils m’intéresseront. En l’occurrence, le développement par l’Université technique de Graz d’un cube en argile imprimé en 3D et capable de rafraîchir une pièce (-7 degrés!) en évaporant de l’eau – comme on sait le faire depuis des siècles – sans consommer d’énergie électrique.

Après les épisodes caniculaires que nous avons tous subis en été 2026, une majorité politique s’est dégagée à droite pour réclamer l’installation en masse de climatiseurs dans les EMS, les écoles, les hôpitaux et partout où les électeurs pensent qu’il faut réagir contre le réchauffement climatique. Une occasion en or pour ces personnes de fustiger les positions des Verts et, de manière générale, ce que l’on désigne comme « écologie punitive ». Et, comme pour enfoncer le clou, ils et elles (mais ce sont généralement des hommes…) préconisent de relancer au plus vite le nucléaire en Suisse, afin de satisfaire ces nouvelles demandes d’électricité et montrer qu’on agit contre le réchauffement climatique!…

Alors cette idée développée à l’Université technique de Graz m’enthousiasme pour au moins trois raisons:

  • Il s’agit d’une solution basée sur un phénomène physique (refroidissement par évaporation de l’eau) utilisée par les Hommes depuis des siècles, voire des millénaires, dans les régions chaudes et arides.
  • La proposition est innovante et recourt à l’impression 3D pour rendre la technologie ancestrale nettement plus efficace (évitant ainsi la critique de « technophobie » et de « retour à la bougie », souvent entendue par les Verts comme moi!)
  • Et son développement s’intéresse aux solutions bio-inspirées, comme l’utilisation de copeaux de bois et de champignons dans la préparation de l’argile pour créer des macro- et nano-structures dans la céramique afin de maximiser la capacité de rétention d’eau dans le matériau qui constitue les « cubes climatiseurs ».

Last but not least, l’équipe teste également d’autres mélanges de matériaux, notamment des boues provenant du lac de Neusiedl, qui doit être dragué régulièrement pour limiter son envasement. Jusqu’à présent, ces boues lacustres ont été majoritairement éliminées sans être valorisées ; à l’avenir, ces sédiments pourraient être intégrés à des procédés de construction économes en ressources, sous forme de matériau de construction durable produit par impression 3D.

Il me faut absolument les contacter pour savoir dans quels délais, dans quels régions et à quels coûts cette innovation pourrait être mise en œuvre… Comme j’ai hérité, il y a 12 ans, d’une maison en Catalogne, cela pourrait me donner des idées…

Lire l’article de Baublatt du 04.08.2026 en français (PDF, 49 Ko)


Commentaires

8 réponses à « La climatisation du futur utilisera une technologie ancestrale! »

  1. Avatar de Suzanne
    Suzanne

    Magnifique cette information. Ca nous donne du courage. Et nous ouvre des perspectives extraordinaires.

    1. Ça nous donne du courage et même des idées!! ChatGPT m’a retrouvé l’état de développement du projet et des imprimantes 3D pour l’argile, ainsi que les adresses e-mail des responsables de projet, mais encore un projet de courriel que je leur ai envoyé, hier, pour savoir comment soutenir concrètement le développement de cette technologie!
      Si cette démarche débouche sur des réalisations concrètes, les économies d’énergie représenteront des millions de fois celle utilisée par les serveur de ChatGPT pour me répondre en recherchant pour moi – dans toutes les langues – sur Internet… 🙂

  2. Avatar de Christian van Singer
    Christian van Singer

    « sans consommer d’énergie électrique… »
    Mais en évaporant de l’eau qui se fera rare par moments…

  3. Cher Christian,

    Tu as raison de soulever la question de l’eau. J’ai essayé de comparer les ordres de grandeur et le résultat est assez instructif.

    En tant qu’ancien président de Sortir du Nucléaire, tu connais très bien le sujet… Une centrale nucléaire consomme de l’eau pour son refroidissement : de l’ordre de 1 litre par kWh électrique avec un refroidissement à passage unique et plutôt 2,5 à 3 litres/kWh avec une tour de refroidissement, l’essentiel étant évaporé.

    Pour le refroidissement par évaporation, la chaleur latente de vaporisation de l’eau permet d’absorber environ 0,68 kWh de chaleur par litre évaporé. Comme un bon climatiseur fournit environ 3 à 4 kWh de froid avec 1 kWh d’électricité, remplacer entièrement ce kWh électrique par de l’évaporation nécessiterait théoriquement quelque 4,5 à 6 litres d’eau.

    Donc non, contrairement à ce que j’imaginais au départ, l’avantage de cette technologie n’est pas d’économiser à la fois l’électricité et l’eau : il s’agit bien d’un arbitrage entre les deux ressources.

    Cela pose une question importante pour les chercheurs de Graz : peut-on alimenter ces parois avec de l’eau qui n’entre pas en concurrence avec l’eau potable — eau de pluie stockée, eaux grises, etc. — et avec quelles conséquences pour la porosité et la durée de vie de la céramique ?

    C’est justement le genre de question qu’il faudra résoudre avant d’imaginer un déploiement à grande échelle dans des régions méditerranéennes où les fortes chaleurs et les pénuries d’eau risquent malheureusement de se produire simultanément.

    1. J’ai transmis ces questionnements aux chercheurs de la TU Graz, qui ne contestent pas les ordres de grandeur indiqués ci-dessus concernant les quantités d’eau nécessaires. Mais ils précisent aussi que l’objectif n’est pas de proposer une alternative à la climatisation électrique d’une pièce fermée lorsque les températures extérieures dépassent 35 °C.

      Il s’agirait plutôt de rendre plus confortable une zone ouverte, voire extérieure, en abaissant de plusieurs degrés la température de l’air à proximité du mur, tout en augmentant son taux d’humidité. Évidemment, plus l’air est sec, plus l’efficacité du système est grande. Cela signifie que les conditions locales de température et d’humidité, au cours de la journée comme au fil des saisons, seront déterminantes pour juger de l’utilité et de l’efficacité globale du système.

      Les chercheurs me confirment également qu’ils examinent la possibilité d’utiliser de l’eau de pluie, des eaux grises convenablement traitées ou d’autres eaux non potables, ainsi que les moyens de maîtriser les risques de dégradation du système dus aux dépôts minéraux, au colmatage ou au développement d’algues et de bactéries.

      Enfin, ils précisent que leur système n’utilise aucun ventilateur électrique : la circulation de l’air rafraîchi est naturelle. Une pompe électrique de faible puissance est en revanche nécessaire pour assurer la circulation continue de l’eau dans les éléments en céramique.

      À ce stade de ma réflexion, j’imagine donc plutôt l’utilisation d’un tel système sur des places publiques de Madrid que de Barcelone, par exemple, et comme une possible alternative aux systèmes de brumisation que l’on voit apparaître un peu partout à la suite des canicules estivales à répétition.

      En revanche, je n’imagine plus qu’un tel système puisse généralement remplacer une climatisation à compresseur dans des locaux fermés, surtout lorsque l’électricité nécessaire à celle-ci peut provenir directement d’une installation photovoltaïque produisant précisément un surplus d’électricité aux heures les plus chaudes.

      Bref, l’idée me paraît toujours très intéressante, mais son domaine d’application est sans doute plus spécifique que je ne l’imaginais en écrivant ce billet.

  4. Avatar de Paul Bagnoud
    Paul Bagnoud

    Bonjour monsieur,
    Ce principe est très intéressant, et vous avez raison de réfléchir plus en détail, comme vous l’avez bien fait plus haut. Au temps jadis, en hiver, on posait devant les radiateurs des récipients avec un peu d’eau, et une feuille de papier mâché dedans pour que l’eau monte dans ce papier et soit évaporée. Le papier finissait par se rigidifier, encombré par du calcaire. Ensuite j’ai essayé un système qui est arrivé sur le marché avec un corps en céramique poreuse, qui s’est bouchée très vite (à Lausanne) et a cessé d’absorber de l’eau. Pour ces cubes, l’eau de pluie paraît donc être l’idée à suivre, une fois qu’on aura laissé sédimenter les impuretés tombant avec la première pluie, éliminé les pollens, qui eux flottent. Il y a des pros de ces questions. Dans le registre YAKA, il n’y a qu’à voir tout ce qui subsiste à la surface des glaciers à la fin de l’été.
    Bon dimanche, bonnes salutations

    1. Cher Monsieur,
      Merci pour ce commentaire qui a fait remonté dans ma mémoire le souvenir de ces petits systèmes de 30×30 cm que l’on accrochait aux radiateurs pour évaporer un peu d’eau et améliorer le confort des logements en augmentant le taux d’humidité relative. C’était dans les années ’60 et ’70 du siècle dernier.
      En revanche, je pris le temps de rechercher pourquoi ces systèmes n’ont plus été jugés utiles dès les années ’80… C’est sûrement le progrès!…
      Avec mes meilleures salutations.

      1. Je n’ai pas pu m’empêcher de poser à ChatGPT la question de la raison de la disparition des ces systèmes d’humidification par évaporation que l’on accrochait aux radiateurs jusque dans les années ’80. Plusieurs pistes sont mentionnées dans sa réponse, mais en particulier des températures de circulation plus basses dans les radiateurs, voire inexploitables (chauffage au sol par pompe à chaleur), ainsi que des raisons sanitaires liées à la prolifération des bactéries et moisissures dans ces réservoirs d’eau tiède stagnante.. Voilà.

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