Ces deux dernières semaines, une nouvelle polémique a vu le jour dans les médias: la commune de Lausanne souhaiterait privilégier un axe fort de transports publics vers la Blécherette (souterrain et passant par Beaulieu), alors que les communes de l’ouest ont toujours considéré comme un acquis la construction d’un tram est-ouest. Conclusion: ces bisbilles coûteront 100 millions de francs qui, faute d’entente, ne pourront être pris sur le fameux fonds d’infrastructure. J’ai dû aller expliquer la situation devant le Club HEC de Lausanne ce jeudi, tandis que Daniel Brélaz a tenu à s’expliquer dans une grande interview à 24 Heures.
Il est incontestable que les communes qui constituent l’agglomération Lausanne-Morges n’ont pas des intérêts équivalents. Pour réussir sa « Métamorphose », Lausanne doit améliorer l’accessibilité du plateau de la Blécherette par les transports publics. Elle estime en outre que si cet axe passe par le Palais de Beaulieu, le développement de cet espace de foires et de congrès serait mieux assuré. De même, la commune de Renens, chef-lieu du nouveau district de l’Ouest lausannois, voit mal comment l’important développement auquel ce secteur est promis pourra se concrétiser sans amélioration notable de la liaison transports publics avec le centre de Lausanne (remplacement de la ligne tl no 7 par un tramway.
Pour l’heure, les mandataires étudient et documentent les coûts et les avantages des différents axes dans la perspective d’un réseau cohérent à long terme (voir le site du PALM). Le rapport final du PALM sera déposé auprès de la Confédération la semaine prochaine. Le canton s’est assuré d’un délai supplémentaire lui permettant d’affiner le(s) projet(s) susceptibles d’être réalisés entre 2011 et 2014 (prochaine tranche de crédit du fonds d’infrastructure) dans le courant du 1er semestre 2008.
Trop tard? Si c’était le cas, nos amis bernois auraient le même souci! Dans un communiqué de presse du 13.12.07, le Conseil exécutif du canton de Berne annonce que les résultats de l’examen de l’opportunité de la desserte par les transports dans la région de Berne, qui n’est pas achevée, seront remis à la Confédération a posteriori, soit courant 2008. Ce projet porte principalement sur la desserte future du sud de l’agglomération bernoise par les transports publics ainsi que sur un possible développement du réseau autoroutier.
Je constate qu’un travail considérable a déjà été fait pour élaborer un projet d’agglomération Lausanne-Morges cohérent et équilibré. Les différentes variantes de réseau d’axes forts qui demain complèteront l’offre du m1 et du m2 seront documentées d’ici les premiers jours de janvier 2008 et une décision politique pourra être prise durant la première quinzaine. Cette décision sera prise sur la base d’éléments objectifs et rationnels, car la Confédération ne se laissera certainement pas influencer par le discours plus ou moins musclé de ceux-ci ou de ceux-là…
Sur la base des propos apaisants de Daniel Brélaz, je prends même le pari que le président (c’est moi) de la Délégation politique concernant les axes forts n’aura pas à faire voter sur des revendications incompatibles.

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