(source: http://www.sevj.ch)
Le WWF suisse et la Société électrique de la Vallée de Joux (SEVJ) viennent de parvenir à un accord sur l’implantation du parc éolien EolJoux, en bordure d’un territoire inscrit à l’inventaire fédéral des paysages (IFP). Au terme de cet accord, l’impact sur le paysage n’est pas négligé ou jugé sans importance. Outre les compensations écologiques (extension du périmètre IFP dans un autre secteur), le projet EolJoux s’accompagne surtout d’un engagement de la SEVJ et de ses communes actionnaires à réduire la consommation d’électricité. C’est exactement la position que je défends depuis des années dans le dossier des éoliennes en Suisse. J’espère ardemment que cet exemple sera suivi et généralisé!
En effet, sacrifier nos paysages en implantant des éoliennes – souvent contre l’avis des populations locales – pour assouvir notre boulimie croissante d’énergie électrique représente une voie sans issue. Si nous voulons sortir du nucléaire, comme le proposent le Conseil fédéral et les Chambres, il est indispensable que les nouvelles énergies renouvelables viennent se substituer au nucléaire, mais aussi que l’on stoppe la croissance exponentielle de la consommation. Faute de quoi, on aura et le nucléaire et les éoliennes!
Or, le potentiel d’économie d’énergie est énorme. Ne dit-on pas que la suppression des consommations de veille (stand by) de tous nos appareils représente l’équivalent de la production de la centrale nucléaire de Muehleberg? Une énergie dissipée en pure perte (aucun service rendu).
Il est vrai que les compagnies électriques, si elles peuvent décider des sources de production de l’énergie qu’elles distribuent, n’ont, de prime abord, guère de prise sur le comportement et les choix de consommation de leurs clients. Elles ne sont toutefois pas plus mal placées que les pouvoirs publics pour orienter ces comportements par des politiques tarifaires incitatives, des conseils personnalisés ou des actions de promotion de l’efficacité énergétique. Alliées aux autorités locales – comme c’est le cas à la Vallée de Joux -, elles peuvent certainement mettre en oeuvre des plans d’action efficaces et ambitieux à long terme.
L’exemple EolJoux est aussi remarquable du point de vue du développement durable en ce sens qu’il offrira à la Vallée une autonomie totale en matière d’approvisionnement en électricité. Ainsi, le sacrifice « environnemental » a-t-il une contre-partie très concrète pour la population locale. Voilà pourquoi ce projet est majoritairement soutenu par les habitants de la région. Un bel exemple qui devrait inspirer d’autres promoteurs de parcs éoliens, tout comme celles et ceux qui s’y opposent!

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