(source: http://railsuisse.xooit.com/t2344-Nouveaux-bogies-WACCO-Bombardier.htm)
On a parlé de « commande du siècle » lorsque, fin 2010, les CFF ont adjugé à Bombardier la construction des nouveaux Intercity à deux étages avec compensation du roulis (voir ci-dessus photo des premiers tests). Pour faire rouler ces nouvelles compositions de 400 mètres de long et accroître ainsi la capacité de transport entre Genève et Saint-Gall, sur la ligne du Plateau, il faut aménager les gares de Lausanne et Genève, de même que réaménager le « noeud de Lausanne ». Il est tout aussi indispensable d’offrir une cadence à 15 minutes sur les RER desservant les agglomérations franco-valdo-genevoise et Lausanne-Morges, ainsi que sur les Régio Express. Voilà résumés les enjeux du programme baptisé Léman 2030. Mercredi 4 mai 2011, ma collègue genevoise Michèle Künzler et moi-même participions à la première réunion du comité de pilotage stratégique, avec les CFF et l’Office fédéral des transports (voir le communiqué de presse commun du 05.05.11). Véritable chantier du siècle, ce programme est maintenant inexorablement engagé.
Le 27 janvier et le 8 février 2011, les Grands Conseils genevois et vaudois ont plébiscité un programme de préfinancement de la 4e voie Lausanne-Renens, des points de croisement de Mies et Chambésy, ainsi que des études pour l’extension des capacités des gares et de la ligne Lausanne-Genève, pour un total de CHF 300 millions. Des conventions spécifiques ont depuis été signées entre les partenaires et les mandataires ont été désignés à l’issue de procédures d’appels d’offres. Les études et les avant-projets sont engagés pour permettre les premières mises à l’enquête au milieu de l’année prochaine. Des acquisitions de terrains ont déjà été faites. Le train est parti!
Parallèlement, Doris Leuthard a proposé de modifier la loi fédérale de 2009 sur le développement de l’infrastructure ferroviaire (LDIF, programme ZEB) pour permettre de financer à hauteur de CHF 1 milliard le réaménagement de la gare de Lausanne au détriment du tunnel du Chestenberg, dont le coût a doublé et qui sera repris dans le programme Rail 2030. Un programme dans lequel l’Arc lémanique et la ligne du Plateau font enfin figure de priorité nationale.
Le programme Léman 2030 représente globalement des investissements de plusieurs milliards de francs. Seule une partie est aujourd’hui financée. Il convient de finaliser les études pour faire en sorte que les travaux puissent être engagés sans tarder dès qu’une solution pour le financement à long terme de l’infrastructure ferroviaire aura été trouvée, au plus tard lors du vote populaire sur l’initiative de l’ATE pour les transports publics.
Je suis bien évidemment très heureux de cette évolution, inimaginable voici encore deux ans. Vu l’importance considérable du sujet, je m’attendais naïvement à ce que les médias y fassent un large écho. Surtout ceux qui, durant des années, ont fustigé l’inaction des autorités et le manque de poids politique des Romands sur la scène fédérale en matière d’infrastructures ferroviaires.
C’est ainsi que 24 Heures n’y a consacré qu’une brève de cinq lignes. Mais le principal quotidien vaudois a fait sa manchette, sa une et une page entière du cahier vaudois sur mes hésitations à être candidat pour l’élection générale de 2012 au Conseil d’Etat! Bien sûr, je connais les ressorts de la « peoplisation » des médias au détriment du commentaire sur l’action politique. Mais je dois reconn tre que le traitement de l’actualité politique n’est pas vraiment de nature à motiver un élu à rempiler pour cinq ans…

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